Mardi 17 janvier : mobilisation éducation

Rassemblement à 14h00 place de la Sorbonne pour nos salaires, la voie pro et nos conditions de travail.

Éducation : un mois de janvier déterminant

Les enjeux de ce début d’année 2023 sont déterminants pour l’avenir de notre système éducatif : salaires, conditions de travail, métier, avenir du 2d degré avec la réforme de la voie professionnelle .

Où en est le dossier salaires ?

Après un premier cycle de discussions qui a servi essentiellement de constat, les discussions vont reprendre avec le ministère. Le cadre budgétaire est contraint par les choix du gouvernement (1er et 2nd degrés confondus) :
- 635 millions d’euros pour les augmentations de rémunération sans condition
- 300 millions d’euros pour le pacte.
Les augmentation de rémunération « sans conditions » concerneront les collègues (professeurs, CPE, PsyEN) dans la première moitié de carrière, jusqu’à 20-25 ans d’ancienneté selon le ministère. Pour les autres personnels, le ministère insiste sur l’amélioration des conditions de promotion à la hors-classe et la classe exceptionnelle.
Le ministère a confirmé que ces mesures salariales seraient les seules du quinquennat, rien n’est prévu après 2023, en dehors de la montée en puissance du pacte.

Qu’est-ce que le Pacte ?

Il s’agit d’un retour du « travailler plus pour gagner plus » ! Le ministre met en œuvre le programme présidentiel. Il s’agit de conditionner l’octroi de primes à des tâches supplémentaires : remplacements à l’interne, projets pédagogiques, accompagnement à l’orientation, formation continue pendant les congés…
A ce jour, le ministère n’exclut pas d’utiliser le pacte pour toucher au statut : soit pour rendre certaines missions obligatoires, soit en rendant le pacte obligatoire pour les nouveaux entrants afin de modifier le statut à moyen terme, à l’image de ce qu’il s’est fait à la SNCF.

Qu’en pense le SNES-FSU ?

Le compte n’y est pas !
Le président de la République avait promis, pendant sa campagne, une augmentation de 10 % pour tout le monde en janvier 2023. Or, ça ne sera pas pour janvier 2023, et ça ne sera pas 10 % pour tout le monde, même le ministre le reconnaît !
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Une augmentation de 10 % sans contreparties ne peut être qu’un début au regard des pertes de pouvoir d’achat de ces dernières années (entre 15 et 25 % en 20 ans).

Le Pacte est une mesure inacceptable et irresponsable :
- le temps de travail des enseignant-es est déjà très élevé : une enquête de la Depp, en octobre 2022, a montré que la moitié des enseignant-es travaillent déjà plus de 43h par semaine.
- la crise de recrutement se poursuit : le nombre d’inscrits aux concours 2023 du second degré est en recul de 18,5% par rapport à 2021, avec par exemple, -23% d’inscrits au Capes de mathématiques.
Il est donc fort probable que l’Education nationale connaîtra une nouvelle rentrée de la pénurie en septembre prochain : job dating, « formation » express de contractuels en 48h avant la rentrée, petites annonces sur Pôle Emploi… un bricolage indigne des ambitions pour un service public de qualité
- de plus en plus de collègues quittent l’Education nationale : hausse des démissions et des ruptures conventionnelles. Le nombre de démissions augmente et selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, paru le 8 novembre 2022, le nombre de ruptures conventionnelles a été multiplié par 5 en un an (1600 en 2021 contre 296 en 2020)

Qu’exige le SNES-FSU ?

Une augmentation des salaires sans contreparties pour toutes et tous.
Un rattrapage des pertes de pouvoir d’achat et une revalorisation des carrières.
Une loi de programmation pluriannuelle pour que des mesures soient programmées tout au long des prochaines années et se cumulent les unes aux autres.
Un mécanisme pérenne d’indexation des salaires sur les prix.
Une augmentation des salaires des AED et des AESH, ainsi qu’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.

Quels sont les moyens pour la rentrée 2023 ?

Dans le second degré public, ce sera encore une rentrée sous le signe des suppressions de postes : – 481 suppressions d’emplois. Ajoutés à ceux du quinquennat précédent, on arrive au total vertigineux de 8381 suppressions d’emplois depuis la rentrée 2018 !
A Paris, c’est 182 postes en moins pour la rentrée 2023 !
Dans un contexte démographique moins tendu, ces postes auraient permis d’alléger réellement les effectifs dans les classes de collège, de lycée, de travailler en petits groupes, de stabiliser les options… autant de perspectives auxquelles le ministère tourne le dos préférant la froide logique de la calculatrice.

Réforme de la voie pro

Elle prévoit : plus de temps de stage et moins de temps de cours, des filières tournées vers les métiers « en tension », une explosion des grilles horaires nationales, une sensibilisation aux métiers dès la 5e. En résumé, cette réforme est en passe d’aggraver le caractère dual de notre système éducatif avec une Éducation Nationale à deux vitesses. Et 1/3 des élèves est en train d’être sacrifié aux besoins locaux et immédiats des entreprises de proximité.